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Harcèlement sexuel dans les lieux publics

Le harcèlement des femmes dans les lieux publics, par exemple dans la rue ou dans les transports en commun, demeure un problème grave dans beaucoup de pays. Pour lutter contre ce type de harcèlement, qui se manifeste généralement par des avances sexuelles et des contacts physiques importuns, les pays devraient en faire une infraction pénale. Voir : Rapport de la Rapporteuse spéciale de l’ONU sur la violence contre les femmes, § 48, 2003.

ÉTUDE DE CAS – Égypte

En 2008, pour la première fois, l’Égypte a condamné un homme pour avoir peloté et harcelé une femme publiquement. D’après les rapports, pas moins de 83 % des Égyptiennes sont victimes de harcèlement sexuel. Dans cette affaire, la victime, une réalisatrice de 26 ans, a dû amener au commissariat à la fois son père et son agresseur avant que la police ne l’autorise à porter plainte pour agression. L’auteur du harcèlement a été reconnu coupable et condamné à trois ans de travaux forcés et une amende de 5 001 livres égyptiennes (895 dollars). Cette affaire, ainsi que d’autres incidents très médiatisés, a amené le gouvernement égyptien à envisager d’adopter une nouvelle loi sur le harcèlement sexuel. Voir : Le harcèlement sexuel, « cancer » de l’Égypte (en anglais), BBC News Online, 18 juillet 2008 ; L’Égypte avance vers l’adoption d’une loi contre le harcèlement sexuel (en anglais), Reuters, 17 février 2010. Le gouvernement égyptien a aussi lancé récemment une campagne utilisant la religion pour lutter contre le harcèlement. Les pouvoirs publics ont distribué une brochure à 50 000 imams dans tout le pays afin de les sensibiliser au problème et de leur suggérer des stratégies pour s’y attaquer. Voir : En Égypte, la lutte contre le harcèlement sexuel veut s’appuyer sur l’islam (en anglais), Time, 10 juillet 2009.

 

 

Mesures prises [Cross link to the safe cities and communities asset]

Dans beaucoup de pays, le harcèlement dans les lieux publics peut techniquement faire l’objet de poursuites pénales au titre des lois sur les attentats à la pudeur et les agressions, mais le problème du harcèlement public peut être difficile à gérer par le droit pénal. Au Japon par exemple, le harcèlement public est illégal en vertu de l’article 176 du Code pénal (en anglais) mais une étude de 2004 a révélé que plus de 60 % des Japonaises âgées de 20 à 40 ans avaient été victimes d’attouchements sexuels non désirés dans les transports en commun. Voir : Le Japon expérimente des wagons réservés aux femmes pour éviter le pelotage (en anglais), ABC News Online, 10 juin 2005. En Inde, au Japon, au Mexique et ailleurs, le problème a pris une telle ampleur que les autorités ont décidé d’intervenir et de supprimer la mixité dans les transports publics.

Au Royaume-Uni et aux États-Unis, des associations locales ont lancé des campagnes de sensibilisation du public au problème du harcèlement des femmes dans la rue. Il s’agit souvent de campagnes sur Internet, où les internautes ont la possibilité de raconter leurs expériences et proposer des stratégies pour réagir face à un acte de harcèlement en public et procéder à un signalement. Les campagnes Stop au harcèlement dans la rue (en anglais) et celle du Projet contre le harcèlement dans la rue (en anglais) en sont deux exemples.