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Établissement de programmes/protocoles spécialisés

  • En vertu des nouvelles lois, les centres de soins, les écoles, les centres sociaux et les autres prestataires de service devraient élaborer des programmes spéciaux axés sur la détection des victimes de la violence et sur l’assistance à celles-ci. Ces programmes peuvent être très variés, selon le problème qu’ils ont à traiter et selon le contexte dans lequel ils ont été créés. Toutefois, tout programme spécial devrait avoir pour priorité de veiller à la sécurité des victimes et à ce que les auteurs des violences répondent de leurs actes. En outre, les programmes devraient être effectivement intégrés aux structures institutionnelles existantes et faire en sorte que le personnel s’investisse dans ces systèmes.
  • Les programmes spéciaux axés sur la violence à l’égard des femmes prennent souvent la forme de centres polyvalents. Ceux-ci peuvent être une composante essentielle d’un programme de réponse communautaire coordonnée car ils proposent en un lieu unique les services de conseillers psychologiques, d’avocats, de praticiens de santé et d’assistants de service social.

ÉTUDE DE CAS – Inde

À Bombay, un partenariat entre une ONG de santé et le service municipal de santé publique a abouti à la création du premier centre hospitalier de crise sur la violence domestique du pays. Dénommé Dilaasa, ce centre est situé non loin du service des urgences de l’Hôpital général municipal K.B. Bhabha de Bandra, à Bombay. Conçu pour être un centre polyvalent, Dilaasa a recruté un assistant de service social, un médecin à temps partiel et un psychologue clinique à temps partiel. Un avocat est également présent une fois par semaine.

Le projet a débuté par une évaluation des besoins réalisée par un partenariat entre l’ONG et Dilaasa qui a étudié la structure opérationnelle de la réponse de l’hôpital aux victimes, et évalué les connaissances du personnel en matière de violence domestique et l’idée qu’ils s’en faisaient. Une check-list des signes de violence domestique a été établie et distribuée dans tout l’hôpital. Après l’évaluation des besoins, un programme de formation de formateurs a été lancé. Douze membres du personnel de l’hôpital ont été formés, lesquels ont ensuite formé le reste du personnel médical et paramédical sur la façon de repérer, parmi les patientes, celles qui auraient pu être victimes de violences domestiques et sur la façon de répondre à cette violence. L’évaluation des besoins a également amené l’hôpital à créer un nouveau programme d’accueil d’urgence pour les femmes qui ne peuvent être admises dans d’autres foyers d’accueil de la zone. Les femmes remplissant les conditions requises peuvent être accueillies en urgence pour 24 heures.

Dilaasa est considéré comme un service de l’hôpital, ce qui facilite son intégration. Des posters et brochures visibles dans tout l’hôpital fournissent les informations concernant le centre. Les médecins ont tous accès à la check-list pour faciliter la détection des victimes de la violence domestique. Lorsque des femmes sont orientées vers le centre, elles y rencontrent un conseiller qui peut les aider à trouver un foyer et à organiser un plan de sécurité. Elles sont également mises au courant de leurs droits. Celles qui désirent entamer des poursuites judiciaires sont adressées à l’avocat de Dilaasa. Celles qui choisissent de ne pas porter plainte officiellement auprès de la police sont encouragées à déposer une main courante, ce qui permet d’enregistrer la déclaration d’une victime sans lancer dès ce moment là la procédure des poursuites contre l’auteur. Si Dilaasa a reçu 111 victimes la première année, ce chiffre est passé à 340 au cours de sa quatrième année de fonctionnement. Voir : Establishing Dilaasa: Documenting the Challenges (La création de Dilaasa : Les défis à relever), CEHAT (2005).

 

ÉTUDE DE CAS – Philippines

Aux Philippines, en vue d’une application efficace des lois nationales et des accords internationaux ratifiés par le pays, l’État a créé des outils permettant d’établir des normes et d’évaluer les performances de chacun des secteurs concernés par la violence faite aux femmes, notamment :

Des normes ont également été établies pour la police et les services psychosociaux. Les normes de performances concernent les directives, les équipements, le personnel, les ressources, les services et les protocoles, l’information et la défense des droits, et le suivi et l’évaluation des prestations de services aux victimes de la violence à l’égard des femmes. Les normes sont en lien avec la législation nationale et avec les accords internationaux, de façon à aider les prestataires de service à comprendre le rôle qui leur est assigné par la loi. Voir : Performance Standards and Assessment Tools for Services Addressing Violence Against Women in the Philippines (Normes de performances et outils d’évaluation des services luttant contre la violence à l’égard des femmes aux Philippines) (2008), Base de données du Secrétaire général de l’ONU sur la violence contre les femmes.

 

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