QUITTER LE SITE

La mobilisation et Utilisation des médias

La mobilisation

  • Les défenseurs des droits des femmes doivent entraîner la communauté et les particuliers dans l’action et leur donner le pouvoir nécessaire à cet effet. Pour cela, ils doivent élaborer un message clair et universel qui peut être soutenu à la fois par les dirigeants de la coalition et par la communauté elle-même. Ils doivent en outre, dans la mesure du possible, inclure la communauté dans le processus décisionnel.
  • Le plus important, dans la mobilisation, est peut-être l’écoute. La coalition doit tenir compte des préoccupations légitimes de la population concernée sans mettre en péril l’objectif général. Les défenseurs doivent travailler très tôt à s’assurer le soutien de la communauté en montrant qu’ils comprennent les problèmes et leurs répercussions sur la vie des personnes.
  • Enfin, il appartient aux défenseurs de partager leurs informations sur la proposition spécifique de législation ou de ligne d’orientation, y compris sur certains sujets et sur des points de terminologie. Peut-être voudront-ils enquêter et utiliser les outils technologiques disponibles pour faire circuler ces informations et permettre ainsi au public concerné de répondre rapidement, facilement et efficacement aux appels à l’action.

(Voir : Global Rights, Legislative Advocacy Resource Guide : Promoting Human Rights in Bosnia and Herzegovina (Guide des ressources pour une action de plaidoyer en vue d’une réforme législative : la promotion des droits de l’homme en Bosnie-Herzégovine), p. 16, 2005)

PRATIQUE ENCOURAGEANTE : en 1997, en Slovénie et en Croatie, une coalition de syndicats, d’associations de femmes et d’universités a lancé des campagnes massives de sensibilisation sur le harcèlement sexuel sur le lieu de travail. Ces campagnes étaient axées sur la nécessité de faire évoluer les comportements au travail et sur l’information des femmes quant à leur protection juridique contre le harcèlement sexuel sur le lieu de travail. [Link to Le harcèlement sexuel - Des programmes de sensibilisation en Slovénie et en Croatie

ÉTUDE DE CAS : en 2006, la Coordination départementale des associations de défense des communautés de Cuzco (CODECC) a reçu un prix de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes pour son programme de défense de la communauté. Ce programme montre à des femmes des communautés pauvres et marginalisées de la région de Cuzco, au Pérou, comment aider d’autres femmes victimes de violences à ne pas garder le silence et à porter plainte. Nombre de bénévoles ont elles-mêmes subi des violences familiales. Elles soutiennent les femmes tout au long de ce processus difficile : récit des faits, rapport de police, dépôt de plainte et démarches devant la justice. L’organisation fournit également une assistance juridique et psychologique, tout en poursuivant d’autres activités axées sur la défense du droit des femmes péruviennes de ne pas subir de violence. Voir : Les femmes de Cuzco font face à la violence (en anglais), Milagros Salazar, 4 novembre 2009.


Utilisation des médias

  • Les défenseurs des droits des femmes devraient utiliser les médias pour attirer l’attention du public sur leurs objectifs et sensibiliser l’opinion. Il s’agit de transmettre aux médias, au bon moment, des informations factuelles claires, de répondre rapidement à leurs demandes d’information tout en réfléchissant à la teneur de ces réponses, de cultiver de bonnes relations avec les journalistes chargés de la question et d’utiliser les communiqués de presse, les communications d’informations, le courrier des lecteurs et les articles d’opinion en tirant parti de sujets accrocheurs tels que les événements récents, les différends sur la politique des pouvoirs publics ou d’autres sujets d’actualité. Voir : Global Rights, Legislative Advocacy Resource Guide : Promoting Human Rights in Bosnia and Herzegovina (Guide des ressources pour une action de plaidoyer en vue d’une réforme législative : la promotion des droits de l’homme en Bosnie-Herzégovine), p. 16, 2005.

ÉTUDE DE CAS : le manuel d’Inter Press Service Reporting Gender Based Violence (Comment rendre compte de violences sexistes), destiné aux journalistes, est également utile aux défenseurs des droits des femmes du monde entier. Ce matériel d’information contient des exposés généraux sur des questions diverses, des statistiques et, surtout, des exemples de reportages montrant les meilleures pratiques quant à la façon de rendre compte des violences sexistes. Tels qu’ils sont présentés, les faits et les chiffres peuvent être aisément transmis aux journalistes sous forme de communiqués de presse ou par téléphone. Les exemples de reportages, tirés de médias du monde entier, peuvent servir à l’élaboration de stratégies médiatiques au cours de campagnes de plaidoyer organisées avec des journalistes. Le manuel couvre les pratiques religieuses et traditionnelles nocives, la violence familiale, la violence sexiste, le féminicide, l’industrie du sexe et la traite à des fins sexuelles, le harcèlement sexuel, la violence fondée sur le genre dans les conflits armés et le sort des réfugiées, le VIH/sida et la violence sexiste, la maltraitance des enfants, le rôle des hommes dans la lutte contre la violence sexiste, la justice pénale et le coût de la violence sexiste.

ÉTUDE DE CAS : Tanzanie – Vers la fin des années 1990, l’Association tanzanienne des femmes des médias (TAMWA) a travaillé sur une campagne visant à promouvoir la promulgation de la loi pénalisant les mutilations génitales féminines (MGF). La campagne a utilisé des données émanant d’enquêtes sociales, la radio, la télévision, la presse écrite et des représentations théâtrales pour sensibiliser l’opinion. Elle est ensuite devenue une initiative régionale, Arrêtez les MGF ! (en anglais), en partenariat avec des associations d’Afrique de l’Est et de la Corne de l’Afrique. Voir l’Étude approfondie de toutes les formes de violence à l’égard des femmes, Rapport du Secrétaire général des Nations Unies, p. 115, 2006.