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Communication et éducation

  • Les défenseurs des droits des femmes doivent élaborer un message trouvant une résonance dans l’opinion et auprès du public visé. Ce message doit être général, clair, et convenir à un large public. Bien conçu, il doit intéresser ceux qui se trouvent au centre de la cible et à sa périphérie. Par exemple, le message « les femmes et les filles méritent de vivre dans un monde sans violence » retiendra l’attention de tous les militants, qu’ils travaillent sur toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles ou, dans le contexte de la traite à des fins sexuelles, sur les domaines visés par les messages « les filles ne sont pas à vendre » ou « les filles doivent être honorées, pas vendues ». Voir : Girls Educational & Monitoring Services (GEMS – Services d’éducation et de suivi des filles, en anglais). Le message doit être construit sur des faits et ne pas être trop technique.
  • Tout au long du processus de plaidoyer, les défenseurs doivent veiller à ce que :
    • le message parvienne à l’opinion,
    • le message parvienne à sa cible (les décideurs, les ONG, les responsables gouvernementaux),
    • des formations soient organisées et les compétences acquises,
    • des alliances politiques soient formées.

(Voir : Women, Law & Development International et Human Rights Watch, Women’s Human Rights Step by Step (Les droits fondamentaux des femmes étape par étape), p. 121, 1997)

  • Le message doit être communiqué au moyen de stratégies médiatiques qui conviennent à l’objet de l’action de plaidoyer. Une stratégie médiatique doit être élaborée très en amont, en même temps que la planification de l’ensemble de l’action. Elle doit si possible reposer sur des statistiques représentant l’état de l’opinion publique, analyser la couverture médiatique et analyser en permanence l’impact du message. Voir : Women, Law & Development International et Human Rights Watch, Women’s Human Rights Step by Step (Les droits fondamentaux des femmes étape par étape), p. 126-127, 1997.
  • Les médias traditionnels peuvent être tout aussi efficaces que les nouveaux, selon le public visé par le message. Il convient d’utiliser les médias et procédés traditionnels comme la radio, les communiqués de presse, les dossiers d’information, le courrier des lecteurs et les articles d’opinion. Les nouvelles technologies de l’information doivent également servir, comme Internet, les réseaux sociaux et les blogs. Il s’agit de trouver l’équilibre entre tous ces types de communication, au vu du contexte local. Voir : Global Rights, Legislative Advocacy Resource Guide : Promoting Human Rights in Bosnia and Herzegovina (Guide des ressources pour une action de plaidoyer en vue d’une réforme législative : la promotion des droits de l’homme en Bosnie-Herzégovine), p. 17, 2005.

PRATIQUE ENCOURAGEANTE : comme toutes les autres actions de plaidoyer, celles qui touchent à la communication doivent se fonder sur des recherches sérieuses. Aux États-Unis, l’organisation The Opportunity Agenda a lancé une vaste étude sur l’opinion que se font les Américains d’origines sociales diverses sur les questions des droits de l’homme et sur les messages qu’ils lisent et entendent sur le sujet. Par la méthode des sondages et des groupes de discussion, elle a élaboré une série de messages de promotion concernant diverses questions touchant aux droits de l’homme et conçus pour attirer l’attention d’un public donné. Ces messages ont été réunis dans un Kit de communication : Parler des droits de l’homme aux États-Unis (en anglais). Ces travaux permettent de ventiler les messages selon l’âge, les revenus, et d’autres facteurs. Les défenseurs peuvent ainsi choisir les messages qui seront transmis à un public donné et, ce faisant, augmenter les chances qu’ils attirent l’attention de ce public. The Opportunity Agenda a repéré quatre questions qui devraient être posées lors de la rédaction des messages sur les droits de l’homme : (1) de quelle valeur morale s’agit-il et pourquoi les gens devraient-ils se sentir concernés ? (2) quel est le problème (statistiques et récits à l’appui de la démonstration) ? (3) quelle est la solution ? (Aborder le problème de façon positive) et (4) que peuvent faire les destinataires du message ? (Donner des exemples particuliers et concrets des actions qu’ils peuvent entreprendre).

Example: le Secrétaire général des Nations Unies a lancé en 2008 la campagne Tous unis pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes. Cinq objectifs ont été identifiés et clairement formulés, puis communiqués par le biais de divers médias. La campagne a utilisé Facebook, Twitter, Flickr et YouTube pour faire circuler l’information, mais elle a aussi travaillé avec les gouvernements, la société civile, les organisations de femmes et le secteur privé pour qu’ils communiquent leurs bonnes pratiques. Voir : Tous unis pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes, 2008.