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L’approche communautaire coordonnée

L’approche communautaire coordonnée est une stratégie d’intervention élaborée par le Projet d’intervention sur la violence familiale (DAIP) de Duluth, dans le Minnesota (États-Unis). Cette stratégie, souvent appelée « modèle Duluth », est « un système de réseaux, d’accords, de procédures et de principes élaboré sur une période de 15 ans par le mouvement local en charge des foyers d’accueil, les services judiciaires et les programmes relatifs aux droits de l’homme dans une petite ville du nord du Minnesota. C’est un projet qui est toujours en gestation. » Extrait de : Ellen Pence & Martha McMahon, A Coordinated Community Response to Domestic Violence (Une approche communautaire coordonnée de la violence familiale), 1999, The National Training Project, Duluth, Minnesota. Compte tenu de la diversité des besoins des victimes de violences liées à la dot (d’ordre médical, juridique, économique ou social), il est nécessaire de coordonner l’action des différents secteurs concernés pour mieux protéger les plaignantes/survivantes.

Bien qu’il n’existe pas de modèle unique applicable à tous les contextes, le modèle utilisé par le DAIP à Duluth est l’un des projets d’action communautaire coordonnée les plus réussis, et il a été adapté dans différentes régions du monde. Voir : Adapter le modèle de Duluth (en anglais), StopVAW, The Advocates for Human Rights et Une intervention communautaire coordonnée (en anglais), StopVAW, The Advocates for Human Rights.

La loi doit comprendre des dispositions rendant obligatoire la collaboration et la communication entre les services dans la lutte contre les violences liées à la dot et la violence familiale. Les membres des ONG qui s’occupent directement des victimes de cette violence doivent jouer un rôle moteur dans cette collaboration. Quand la police, le personnel judiciaire, les ONG en charge des victimes et le personnel de santé coordonnent leurs efforts pour protéger les femmes des violences liées à la dot et demander des comptes aux auteurs de ces violences, ces efforts sont plus efficaces. La coordination permet de faire en sorte que le système fonctionne mieux et plus vite ; que les victimes soient protégées et reçoivent les services dont elles ont besoin ; et que les auteurs de violences aient à rendre des comptes et renoncent à leur comportement violent.

 

Voir la Recommandation Rec (2002)5 du Comité des Ministres du Conseil de l'Europe aux États membres sur la protection des femmes contre la violence, § 27 ; Les avantages de la coordination des réponses (en anglais), StopVAW, The Advocates for Human Rights ; L’intervention : buts et stratégies (en anglais), StopVAW, The Advocates for Human Rights ; et L’intervention communautaire : acteurs (en anglais), StopVAW, The Advocates for Human Rights.

Voir aussi le chapitre sur l’application des lois.

 

Pratique encourageante : le Programme multisectoriel du Bangladesh sur la violence contre les femmes, issu d’une collaboration entre les gouvernements bangladais et danois, est mis en œuvre dans le cadre du ministère de la Femme et de l’Enfant. Ce programme coordonne notamment la mise en place, dans les hôpitaux, de centres d’urgence polyvalents regroupant tous les services à destination des femmes victimes de violence (en anglais). Ces centres proposent des soins médicaux, une aide policière, des services sociaux, une assistance juridique, une aide psychologique, des informations sur les foyers d’accueil et des examens médicolégaux.

Les lois de nombreux pays contiennent des dispositions rendant obligatoire la coopération entre les différents services publics.

Par exemple, l’un des objectifs de la loi albanaise (en anglais) est de :

a. Mettre en place un réseau coordonné d’autorités chargées de l’aide aux victimes, de leur protection et de leur réadaptation, ainsi que de l’atténuation des conséquences et de la prévention de la violence familiale.

 

ÉTUDE DE CAS:

La Loi du Pakistan sur la violence familiale (2009), qui intègre les violences liées à la dot dans sa définition de la violence familiale (art. 4), crée une Équipe de protection. Cette équipe se compose d’une conseillère de l’Union, d’une policière et d’un fonctionnaire d’un grade supérieur ou égal à celui de sous-inspecteur. Elle est chargée d’aider les victimes de violence familiale, notamment en se rendant sur les lieux jusqu’à ce que la protection de la victime soit assurée ; en aidant la victime à se faire soigner, en la mettant en lieu sûr avec son accord et en préparant une demande d’ordonnance de protection ; et en recensant et répertoriant les affaires de violence familiale, les plaintes, les ordonnances de protection et les prestataires de service (art. 6). Lorsqu’il crée une équipe de protection, le législateur doit veiller à ce qu’elle comprenne des défenseurs, des représentants d’ONG et des représentants des services sociaux, ou qu’elle collabore avec eux. La loi doit aussi promouvoir la coordination et la consultation avec les services de santé, les services de protection de l’enfance, les médias, le clergé et les dirigeants religieux, les employeurs, les entreprises, les organisations caritatives, les associations professionnelles (par exemple les médecins, les avocats) et les institutions gouvernementales.

 

  • Ainsi, la loi espagnole (en espagnol) dispose : « Les femmes victimes de violence sexiste ont droit à des soins, à une aide d’urgence et à un abri, ainsi qu’à des services pour les aider à se rétablir intégralement. […] Ces services doivent agir de manière coordonnée et en collaboration avec la police, les juges spécialisés dans la violence contre les femmes, les services de santé et les institutions de conseil juridique au sein d’une même zone géographique » (art. 19).

 

 

Pratique encourageante :

la loi espagnole (en espagnol) prévoit aussi le financement et l’évaluation de ces procédures de coordination (art. 19)
en Inde, des membres d’ONG proposent des services aux victimes au sein même du Poste de police pour femmes d’Anna Nagar. Les policiers ont reçu une formation, et un communiqué de presse avec les numéros d’urgence en anglais et en tamoul a été envoyé aux journaux locaux. Un coordonnateur est présent au poste de police pour fournir des informations sur les services d’aide proposés par les ONG, et trois conseillers d’urgence sont à disposition pour apporter un soutien psychologique. Une ligne téléphonique d’urgence est aussi ouverte 24 heures sur 24. Les policiers peuvent demander à un représentant d’ONG de les accompagner au domicile d’une personne qui a appelé la police. Le coordonnateur et l’inspecteur de la police définissent ensemble les cas qui nécessitent un suivi, et coordonnent l’enregistrement et la gestion des affaires. Le coordonnateur et une policière ont aussi mené un travail de sensibilisation pour diffuser les numéros d’urgence auprès des habitants. Voir : Prasanna Poornachandra, A Domestic Violence Coordinated Project - Going Beyond Victim Support (Projet coordonné de lutte contre la violence familiale : au-delà de l’aide aux victimes), 2006, p. 115.