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Répondre aux droits des victimes

VIH/sida

  • La législation doit prévoir l’accès à la santé, tout particulièrement la santé en matière de procréation et la prophylaxie contre le VIH. Les veuves peuvent être victimes de violences sexuelles et ont besoin de soins médicaux pour traiter le VIH/sida, les maladies sexuellement transmissibles (MST) et d’autres complications liées à la santé reproductive. Les femmes victimes de mariage forcé, par exemple le lévirat ou le sororat, ont souvent moins de pouvoir pour négocier des rapports sexuels protégés et courent un risque plus élevé de contracter des MST et le sida.
  • Les politiques nationales et les programmes concernant le VIH/sida doivent prendre en compte les droits de l’homme et les droits fondamentaux des femmes. Ces stratégies nationales doivent intégrer des programmes de promotion des opportunités économiques et éducatives pour les femmes et protéger leurs biens ainsi que leur droit sur la terre et à l’héritage.
  • La législation doit promouvoir l’accès à la justice pour les femmes qui vivent avec le VIH/sida en mettant en place des structures accessibles et spécialisées – tribunaux, services de police et assistance juridique – pour remédier aux violations de leurs droits fondamentaux.
  • Des lois doivent soutenir l’ouverture de foyers pour les femmes qui ont été dépossédées de leur terre et de leur domicile. La législation doit prévoir un financement et un soutien pour un hébergement de substitution pour les femmes vivant avec le VIH/sida et leurs enfants. Cet hébergement doit répondre aux normes de logement convenable. Voir la section Droit à un logement convenable. Les planificateurs doivent veiller à ce que les femmes vivant avec le VIH ou atteintes du sida puissent participer à la planification et à la réalisation de ces programmes de logement.
  • La législation doit prévoir des activités de sensibilisation du public et des formations aux droits fondamentaux des femmes, à la non-discrimination et à ses liens avec le VIH/sida. Outre les femmes vivant avec le VIH ou atteintes du sida, ces initiatives doivent viser à éduquer le public, les personnalités influentes au sein de la communauté, les intervenants juridiques, les responsables fonciers, les médias et les organes locaux et nationaux.
  • La législation doit offrir des opportunités économiques aux femmes qui vivent avec le VIH ou sont atteintes du sida. Des programmes de promotion de l’autonomie économique doivent inclure des systèmes de crédit et de prêt, entre autres programmes facilitant leur accès à des moyens de subsistance. Des efforts doivent être faits pour garantir leur accès aux services sociaux, à la terre, au crédit, à l’emploi, aux marchés et à des techniques agricoles améliorées.

Voir : COHRE. Shelter from the Storm: Women’s Housing Rights and the Struggle against HIV/AIDS in Sub-Saharan Africa (Un abri contre la tempête. Les droits des femmes au logement et la lutte contre le VIH/sida en Afrique subsaharienne, en anglais), 2009 ; PNUD, Le VIH/sida et les stratégies de réduction de la pauvreté, 2002 ; ONUSIDA, Coalition mondiale sur les femmes et le sida. La sécurité matérielle des femmes. Échec au sida. Dossier thématique n° 3.

 

Pratiques encourageantes : la Coalition mondiale sur les femmes et le sida d’ONUSIDA a recensé plusieurs pratiques encourageantes concernant la promotion des droits fondamentaux des veuves qui vivent avec le VIH/sida. Au Kenya, cinq veuves vivant avec le VIH/sida ont créé le Programme de promotion des jeunes veuves pour faire échec à la stigmatisation, traiter des conséquences du VIH pour les veuves et les aider à protéger leurs droits à la terre et à l’héritage, entre autres. Ce Programme fournit un soutien psychosocial, des groupes de soutien, une assistance judiciaire et juridique et des ateliers de rédaction de testaments. Au Tamil Nadu, en Inde, l’organisme public du sida collabore avec la Société du Tamil Nadu pour le progrès des femmes en utilisant des projets de micro-entreprises et d’épargne pour faire de l’éducation sur la prévention du sida. Ce programme incorpore l’information sur le VIH à ses groupes féminins d’entraide. Quatre-vingt pour cent des 193 000 groupes ruraux d’entraide, qui regroupent trois millions de membres, ont intégré l’éducation sur le VIH/sida dans leurs programmes. Voir ONUSIDA. Coalition mondiale sur les femmes et le sida. La sécurité matérielle des femmes. Échec au sida. Dossier thématique n° 3.

 

 Situations d’après conflit

Le législateur doit également aborder les besoins des veuves dans les situations d’après conflit. Des veuves peuvent avoir été victimes de violences sexuelles, avoir subi des dommages, risquer de subir des violences familiales, être confrontées à des difficultés économiques, être chefs de famille, avoir le statut de réfugiées ou être déplacées à l’intérieur de leur propre pays, et avoir perdu leur droit au domicile conjugal, à la propriété et à la terre après la mort de leur mari. Les veuves doivent être parties prenantes aux efforts de reconstruction et de construction de la paix.

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