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Éducation du public

La législation sur les crimes « d’honneur » doit prévoir des campagnes de sensibilisation et d’éducation du public. Les campagnes d’information doivent avoir pour objectif d’éliminer les images négatives discriminatoires à l’égard des femmes et des filles et de mieux faire comprendre les principes de l’égalité des sexes et des droits des femmes et des filles. Par ailleurs, les juges, les procureurs, les policiers, les services de protection de l’enfance, les professionnels de la santé et de l’éducation, les médias et les associations de défense doivent recevoir des formations pour comprendre la nature des crimes « d’honneur », leurs causes, leurs effets, les indicateurs et les recours et ressources à la disposition des femmes et des filles victimes ou menacées de crime « d’honneur ».

Pratique encourageante : en Turquie, l’organisation non gouvernementale Women for Women’s Human Rights (en anglais) collabore avec la Direction générale des services sociaux et de la protection de l’enfance pour dispenser des formations aux femmes vivant en Turquie dans des zones socio-économiquement défavorisées où la population immigrée est importante. Les travailleurs sociaux du programme animent des ateliers sur 16 thèmes différents, notamment sur la violence contre les femmes et sur les stratégies de lutte contre la violence. Voir : Liz Ercevik Amado, Le Programme d’éducation des femmes aux droits de la personne : exploitation des ressources publiques pour promouvoir les droits fondamentaux des femmes en Turquie (en anglais), New Tactics in Human Rights, 2005. En ce qui concerne les programmes d’éducation du grand public, les organismes publics doivent être tenus de travailler en partenariat avec les ONG compétentes en matière de crimes « d’honneur » et de leur assurer un soutien financier.

La législation doit garantir que les publics ciblés comprennent les chefs religieux et communautaires, les jeunes, les communautés concernées, notamment les communautés ethniques minoritaires ou issues de l’immigration, les médias, le secteur de la santé, ainsi que les professionnels du secteur social et éducatif travaillant avec les enfants.

  • Les actions de communication dirigées vers les chefs et institutions religieux et coutumiers doivent s’employer à les sensibiliser aux droits de la personne, et les engager à condamner publiquement les crimes « d’honneur ». Voir : Résolution 59/165 (2005) sur les mesures à prendre en vue d’éliminer les crimes d’honneur commis contre les femmes et les filles, doc. ONU A/RES/59/165, § 3(d) ; Résolution 1681 (2009) du Conseil de l’Europe, § 4.5-4.7 ; Droits civils et politiques, notamment : les questions concernant les disparitions et exécutions sommaires, rapport de la Rapporteuse spéciale sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, doc. ONU E/CN.4/2001/9, § 41.
  • Les mesures d’éducation des femmes et des filles doivent viser à les informer sur les violences commises au nom de « l’honneur », sur leurs droits, sur les démarches à effectuer pour signaler ces crimes « d’honneur » et obtenir une protection, et sur les ressources et les professionnels à leur disposition pour les aider.
  • Les mesures d’éducation des organismes d’assistance et des professionnels des secteurs travaillant avec les enfants doivent comporter un volet sur la détection des risques de crimes « d’honneur ». Voir : http://stopvaw.org/vertical/Sites/%7B6877343B-7C39-4A27-AB21-8970AF431533%7D/uploads/media_strategies_5-19-2003.PDF (en anglais). 
  • Les campagnes de sensibilisation du public doivent aussi cibler les médias afin de les informer sur les violations des droits de la personne associées aux crimes « d’honneur » et les encourager à signaler ces crimes d’une manière qui préserve la dignité et la vie privée des victimes. Les médias doivent recevoir une formation sur la manière d’informer le public sur les violences à l’égard des femmes et les crimes « d’honneur ». Voir : L’urgence à combattre les crimes dits « d’honneur », Conseil de l’Europe, 8 juin 2009, § 4.7 ; (en anglais).
  • Les initiatives d’éducation du public doivent également viser les professions juridiques et judiciaires, notamment les juges, les policiers et les procureurs, au moyen de formations sur le fonctionnement de la violence commise au nom de « l’honneur » et sur les droits fondamentaux des femmes.