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Emploi du terme « mutilations génitales féminines »

  • Cette partie du module de connaissances utilisera le terme « mutilations génitales féminines » (MGF) en refusant l’emploi d'autres expressions, par exemple « circoncision féminine ». En effet, parler de « circoncision féminine » revient à minimiser la douleur et la souffrance infligées aux femmes et aux filles soumises à cette pratique, ainsi que ses graves séquelles physiques et psychologiques. Ce terme entretient une confusion entre les mutilations génitales féminines et la pratique courante de la circoncision des garçons. Son emploi peut conforter l’argument selon lequel les mutilations génitales féminines ne constituent pas une pratique discriminatoire envers les femmes et ne portent donc pas atteinte aux droits de l'homme, puisque les hommes comme les femmes sont circoncis, souvent pendant leur enfance, à un âge où ils ne peuvent donner leur consentement. Cet argument n’est pas fondé. Certes, tant la circoncision que les mutilations génitales féminines consistent à procéder à l'ablation de tissus sains, mais les MGF sont caractérisées par la lourdeur de l’intervention et par ses conséquences destructrices, ainsi que par le message social associé à cette pratique. Voir : Female Genital Mutilation: A Guide to Laws and Policies Worldwide, p. 21.

Presque toutes les personnes qui subissent des MGF éprouvent une douleur extrême et souffrent d'hémorragie. D’autres complications sont possibles, comme les traumatismes psychologiques, les infections, les problèmes de rétention urinaire, les lésions au niveau de l’urètre ou de l’anus, voire le décès de la victime. […] Les conséquences des MGF ne s’arrêtent pas avec l'acte initial. La fillette ou la femme affectée est mutilée à vie et peut souffrir d’autres séquelles physiques ou mentales à long terme.

 

(Voir : Note d'orientation du HCR sur les demandes d'asile liées aux mutilations génitales féminines, mai 2009 (en anglais))

 

  • Rappelant que cette pratique augmente les risques lors de l’accouchement, aussi bien pour la mère que pour l’enfant, le Rapporteur spécial sur la torture relève en outre :

Selon le type et la gravité de l’intervention pratiquée, les femmes peuvent souffrir de diverses séquelles à long terme telles que : infections chroniques, tumeurs, abcès, kystes, stérilité, formation excessive de tissu cicatriciel, risque accru d’infection au VIH/sida, hépatite et hémopathies, lésions de l’urètre entraînant une incontinence urinaire, règles douloureuses, rapports sexuels douloureux et autres dysfonctionnements sexuels.

(Voir : Conseil des droits de l'homme, Rapport du rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, 15 janvier 2008 (en anglais))

 

  • Même sous sa forme la moins invasive (voir plus loin, Définition claire et précise des MGF), la pratique des MGF entraîne pour la femme une amputation bien plus importante d’un organe sexuel que la circoncision pour l'homme. De plus, les raisons le plus souvent avancées pour justifier les MGF sont généralement marquées par l’idée que les femmes et les filles sont des êtres subalternes et par un impératif de maîtrise de la sexualité féminine. Voir : Female Genital Mutilation: A Guide to Laws and Policies Worldwide, chapitre I. Seul le terme « mutilations génitales féminines » rend compte de façon précise de la gravité de cette pratique nocive et souligne qu'elle constitue une atteinte aux droits de l’homme.
  • Le terme de « mutilations génitales féminines » a été adopté en 1990 par le Comité inter-africain sur les pratiques traditionnelles ayant effet sur la santé des femmes et des enfants en Afrique, lors de sa troisième conférence, qui s’est tenue en Éthiopie. Il est par ailleurs régulièrement utilisé par les Nations Unies dans leurs documents, ainsi que, de manière systématique, par l’OMS. Voir : Éliminer les mutilations sexuelles féminines. Déclaration interinstitutions
  • Par conséquent, les lois élaborées pour éliminer cette pratique et apporter un soutien aux femmes et filles qui en sont victimes doivent elles aussi reprendre le terme « mutilations génitales féminines », qui est plus approprié.