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Généralités

Les pratiques néfastes sont intrinsèquement liées aux rôles habituellement attendus des hommes et des femmes, à la condition des femmes et à la perception qu’ont celles-ci de leur propre identité. Les lois représentent un moyen essentiel d'éradiquer ces pratiques, mais de profonds changements sont également nécessaires en matière de normes sociétales, de convictions personnelles et d'inégalités entre les sexes profondément enracinées. La législation doit « reconnaître que toutes les formes de violence contre les femmes, y compris toutes les pratiques néfastes, constituent une forme de discrimination, une manifestation des rapports de force historiquement inégaux entre hommes et femmes et une violation des droits fondamentaux des femmes. » Rapport du groupe d'experts des Nations unies intitulé Bonnes pratiques législatives en matière de « pratiques néfastes » à l’égard des femmes (en anglais, p. 11) (c’est nous qui soulignons).

L’action publique et la législation doivent prendre des formes multiples et faire appel à divers groupes, en mobilisant les services qui ont en charge l’éducation, le droit, la santé, ainsi que les dirigeants culturels ou religieux, pour parvenir à un véritable changement et à la disparition des pratiques néfastes. « Si le recours à des mesures juridiques doit être envisagé avec attention et mis en œuvre en conjonction avec d’autres initiatives pédagogiques, les lois peuvent s’avérer de précieux outils de changement, donnant davantage de moyens aux ONG et aux personnes pour convaincre telle ou telle communauté d’abandonner cette pratique. » Anika Rahman et Nahid Toubia, Female Genital Mutilation: A Guide to Laws and Policies Worldwide (Les mutilations génitales féminines : guide des législations et des politiques dans le monde), p. 13.

Les États doivent prendre des mesures immédiates pour satisfaire à l'obligation qui leur incombe de préserver les filles et les jeunes femmes de la violence en général et des pratiques traditionnelles néfastes en particulier, qu'elles soient le fait d'agents de l'État, d’entités ou de personnes privées, physiques ou morales, à travers l'adoption de lois et de politiques. Ils doivent mettre en place des institutions et des organes compétents et disposant des moyens nécessaires pour répondre aux besoins des enfants souffrant des conséquences des pratiques néfastes, ainsi que pour empêcher la poursuite de pratiques traditionnelles néfastes. Voir : Plus d'excuses ! (en anglais), p. 28.