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Sensibilisation et éducation du grand public

  • La loi doit prévoir et financer des mesures et des formations de sensibilisation de l’opinion publique sur les pratiques néfastes et sur les droits des femmes à destination de l’ensemble des secteurs, notamment la santé, l’éducation, la justice, les services sociaux et la société en général.
  • Elle doit exiger de tous les chefs religieux, coutumiers, communautaires et tribaux qu’ils reçoivent une formation sur les droits des femmes et sur les pratiques néfastes et leurs conséquences.
  • Elle doit aussi faire obligation aux responsables religieux officiellement agréés de recevoir une formation sur ces thèmes dans le cadre de leur cursus professionnel.
  • Elle doit disposer que les professionnels de la santé dans leur ensemble, en particulier ceux qui travaillent dans les domaines de la maternité, de l’obstétrique, de la gynécologie et de la santé sexuelle, soient formés aux droits des femmes et aux pratiques néfastes, y compris au rôle qu’ils peuvent jouer pour prévenir ces pratiques, ne pas les appliquer, identifier les victimes et leur fournir des services en faisant preuve de discernement.
  • La loi doit prévoir et assurer la formation des enseignants du primaire, du secondaire et de l’enseignement supérieur sur les droits des femmes et les pratiques néfastes. Cette formation doit aborder leur rôle qu’ils peuvent jouer pour sensibiliser les élèves, les étudiants et leur entourage à ces pratiques, ainsi que pour identifier les victimes et leur offrir des services ou les orienter vers ces services avec discernement.

 

La sensibilisation et l’éducation du grand public sont deux aspects fondamentaux pour faire évoluer les normes culturelles et sociales qui perpétuent les pratiques néfastes. Il est également nécessaire de former les chefs religieux et communautaires exerçant une influence sur la société afin de les intégrer dans le processus de changement des croyances et pratiques culturelles. Il faut soutenir les efforts des femmes et des filles qui cherchent à renforcer leur pouvoir d’agir et exigent le respect de leurs droits. Par ailleurs, tout un chacun doit être informé des conséquences négatives des pratiques néfastes. Il est important de préciser que ces pratiques ont des répercussions non seulement sur les femmes et les filles, mais aussi sur la société dans son ensemble. Le travail de sensibilisation de l’opinion publique doit s’attacher à empêcher que les victimes de pratiques néfastes subissent de nouveaux préjudices, ainsi qu’à faire réfléchir à l’importance de l’égalité et des droits fondamentaux pour tous, y compris pour les femmes et les filles.

La sensibilisation du grand public à la Convention relative aux droits de l’enfant figure au nombre des obligations prévues par le Comité des droits de l’enfant (2003) :

Article 42 : Faire connaître la Convention aux adultes et aux enfants

« Les États parties s’engagent à faire largement connaître les principes et les dispositions de la présente Convention, par des moyens actifs et appropriés, aux adultes comme aux enfants. »

Les recommandations suivantes ont aussi été formulées par des experts :

Conformément à la proposition du Comité, les États devraient élaborer une stratégie globale visant à faire connaître la Convention dans l’ensemble de la société, y compris à informer les enfants sur les sources d’aide et de conseil existantes. Par ailleurs, le Comité considère qu’il est tout particulièrement important d’intégrer l’enseignement de connaissances sur la Convention et les droits de l’homme en général dans les programmes d’études à tous les niveaux. Toutes les personnes qui s’occupent d’enfants sont tenues de connaître la Convention et le rôle essentiel joué par les médias dans la diffusion d’informations sur ce texte.

Il est essentiel que les entités étatiques coopèrent avec les acteurs non étatiques, y compris les ONG et les associations locales, pour sensibiliser la population. Les entités étatiques peuvent être considérées avec suspicion par les communautés ; grâce à leurs connaissances approfondies sur le milieu qui les entoure et à la confiance que leur accorde la population, les ONG et associations locales représentent peut-être les catalyseurs les plus efficaces du changement.

Voir : Plus d’excuses ! (en anglais), p. 26.

 

 

Pratique encourageante : Turquie : projet de sensibilisation et de renforcement des capacités des chefs religieux

Cherchant à impliquer les chefs religieux dans la lutte contre les crimes « d’honneur », le groupe Éducation de la structure turque d’Amnesty International a créé un projet d’éducation aux droits fondamentaux des femmes de sensibilisation et de renforcement des capacités des chefs religieux. Les responsables de ce projet ont constaté que, 90 % des Turcs étant de confession musulmane, les chefs religieux exerçaient une forte influence sur la société et avaient accès à une proportion importante et à des groupes variés de la population. Le projet avait pour objectif de former le personnel de la Présidence turque des affaires religieuses qui, à son tour, assure la formation, la reconnaissance et la certification des responsables religieux dans tout le pays. Ces responsables influencent par la suite le grand public par l’intermédiaire des formations qu’ils ont reçues. Ce projet a permis d’organiser des formations sur les normes nationales et internationales en matière de droits fondamentaux visant à lutter contre la discrimination et la violence à l’égard des femmes et sur les instruments disponibles pour prévenir cette violence, sensibilisant ainsi les responsables religieux aux droits des femmes et au rôle qu’ils jouent pour impulser l’évolution nécessaire des droits économiques, sociaux et culturels des femmes.

Voir : Bonnes pratiques législatives en matière de « pratiques néfastes » à l’égard des femmes (en anglais), rapport du Groupe d’experts des Nations Unies, p. 13 ; Évolution de la législation turque sur les crimes « d’honneur » (en anglais), exposé préparé par Leylâ Pervizat, p. 9 (ci-après appelé Exposé de Leylâ Pervizat).

 

 

Pratique encourageante : Italie, Loi n° 7/2006 sur les mutilations génitales féminines, article 4 (en italien)

L’article 4 de la Loi n° 7/2006 de l’Italie sur les mutilations génitales féminines (en italien) prévoit la formation des professionnels de la santé ainsi que la création et l’adoption de réglementations à cette fin. Elle alloue par ailleurs 2,5 millions d’euros à la mise en œuvre de la formation requise.

Voir : Bonnes pratiques législatives en matière de « pratiques néfastes » à l’égard des femmes (en anglais), rapport du Groupe d’experts des Nations Unies, p. 14.

 

 

Pratique encourageante : Royaume-Uni, Directives multi-organismes : traitement des affaires de mariage forcé (en anglais)

Le service du Royaume-Uni en charge des mariages forcés, en collaboration avec d’autres organismes, a élaboré les Directives multi-organismes : traitement des affaires de mariage forcé (en anglais). Ces directives définissent l’approche que doivent adopter les différents organismes face au mariage forcé, et offrent des conseils et un soutien aux professionnels qui travaillent auprès d’enfants et d’adultes pour les protéger contre cette pratique. Elles incluent des éléments nécessaires à tous les organismes, ainsi que des informations spécialisées destinées à des secteurs particuliers qui sont souvent les premiers confrontés aux victimes de mariage forcé, notamment les professionnels de la santé, le corps enseignant et le personnel des écoles et des universités, les policiers, les services sociaux pour adultes et enfants et les services de logement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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