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Direction et organisation

Le succès du processus de plaidoyer dépend pour une grande part des qualités de direction et d’organisation des personnes impliquées, qu’elles occupent les fonctions dirigeantes officiellement ou non. Pour les fonctions de direction officielles, il faut savoir choisir une ou deux personnes passionnées par le sujet et dotées des compétentes en organisation nécessaires pour mener à bien la tâche. Elles devront toutefois savoir que d’autres dirigeants apparaîtront au sein de la coalition et chez les parties prenantes, et qu’il y conviendra de les encourager et de les soutenir dans leur action. Il se peut que des dirigeants surgissent dont les objectifs ne sont pas ceux fixés dans la stratégie globale. C’est en privé qu’il faut alors discuter de ces divergences et non pas devant le public visé par l’action de plaidoyer. Il faut rechercher chez les dirigeants les qualités suivantes :

  • la capacité à définir l’action de plaidoyer et à en prendre l’initiative,
  • la capacité à attirer et à intéresser,
  • la capacité à diriger l’ensemble du processus,
  • la capacité à mobiliser les soutiens.

(Voir : Women, Law & Development International et Human Rights Watch, Women’s Human Rights Step by

Step (Les droits fondamentaux des femmes étape par étape), p. 121, 1997)

ÉTUDE DE CAS : L’Équipe ressource du Pacifique pour les droits régionaux (RRRT, en anglais) du Secrétariat général de la Communauté du Pacifique a lancé en janvier 2009 un projet intitulé Changing Laws, Protecting Women : Lobbying for Legislative Change in Violence Against Women (Changer les lois, protéger les femmes : faire pression pour l’adoption d’une nouvelle législation en matière de violence à l’égard des femmes). L’objectif en est d’améliorer la législation protégeant les femmes en organisant des campagnes de lobbying axées sur la violence à l’égard les femmes et sur la réforme des codes de la famille dans six îles : Samoa, Tuvalu, Tonga, Kiribati, Salomon et Cook. La RRRT reconnaît que l’adoption de nouvelles lois ne suffira pas à protéger les femmes. Il va œuvrer au renforcement des compétences dans les divers pays pour que les lois soient effectivement appliquées et qu’un suivi soit organisé. Le RRRT a commencé à travailler sur les trois grands objectifs qui sont :

  • Objectif 1 : campagnes de lobbying puissantes et stratégiquement ciblées pour stimuler l’évolution des lois relatives à la famille et la violence à l’égard des femmes et obtenir des soutiens.
  • Objectif 2 : élaboration d’une législation modèle adaptée à chacun des pays des Iles du Pacifique et devant servir au lobbying devant les instances législatives.
  • Objectif 3 : production de matériels destinés à soutenir et à alimenter les stratégies de lobbying actuelles et futures en ce qui concerne les réponses législatives à la violence faite aux femmes et aux enfants et les lois sur la famille dans les pays des îles du Pacifique.

Depuis le lancement du projet, la RRRT a organisé une réunion régionale à Nadi (Fidji) qui a rassemblé des représentants de la société civile et des gouvernements de neuf pays des îles du Pacifique, ainsi que dix observateurs. À la suite de plusieurs consultations nationales, la RRRT a également repéré d’importants groupes de pression à Salomon, Nauru et Kiribati. Il est prévu de former, pour les actions de plaidoyer, entre 10 et 15 lobbyistes par pays au début de 2010.

La RRRT a recruté cinq coordonnateurs/pays en partenariat avec les représentants gouvernementaux et non gouvernementaux des pays respectifs et organisé des sessions d’orientation et de formation en août 2009, notamment sur le format utilisé pour la collecte des données de base. À Kiribati, la RRRT a travaillé avec le coordonnateur à l’alimentation de cette base de données.

Une formation a été organisée à l’intention des partenaires régionaux dans la lutte contre la violence à l’égard des femmes, notamment des juristes, des membres des assemblées législatives, le Réseau des conseillers juridiques des Îles du Pacifique et le groupe des parlementaires du Pacifique sur la population et le développement. La formation incluait une présentation d’un modèle de loi sur la violence à l’égard des femmes et une étude comparative avec les lois en vigueur dans les pays participants. Le projet n’est pas terminé mais sert déjà d’exemple pour une approche régionale du travail de plaidoyer sur les aspects juridiques de cette violence.

(Voir : Changing Laws, Protecting Women : Lobbying for Legislative Change in Violence Against Women (Changer les lois, protéger les femmes : faire pression pour l’adoption d’une nouvelle législation en matière de violence à l’égard des femmes), projet de texte du 11 novembre 2008 et rapport d’avancement du 31 janvier 2010 (fichier chez l’auteur))